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MAINTENANT JE SAIS

Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes,
Je parlais bien fort pour être un homme,
Je disais: je sais, je sais, je sais, je sais...
C'était le début, c'était le printemps,
Mais quand j'ai eu mes dix-huit ans
J'ai dit: je sais, ça y est, cette fois je le sais.

Et aujourd'hui, des jours, je me retourne
Je regarde la terre où j'ai quand même fait les cent pas
Et je sais toujours pas comment elle tourne...

Vers vingt-cinq ans je savais tout:
L'amour, les roses, la vie, les sous,
Bien, oui! L'amour, j'en avais fait tout le tour,
Mais heureusement, comme les copains,
J'avais pas mangé tout mon pain...
Au milieu de ma vie j'ai encore appris...

Ce que j'ai appris ça tient en trois-quatre mots:
Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau...
Je peux pas mieux dire: il fait très beau...

C'est encore ce qui m'étonne dans la vie,
Moi qui suis à l'automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse...

Toute ma jeunesse j'ai voulu dire: je sais!
Seulement plus je cherchais et puis moins je savais
Y'a cinquante coups qui ont sonnés à l'horloge
Je suis encore à ma fenêtre, je regarde et je m'interroge:
Maintenant, je sais, je sais qu'on ne sait jamais.

La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit, ni la couleur des choses...
C'est tout ce que je sais, mais ça je le sais!...

Philip Green - Jean-Loup Dabadie (1974)

AGORA EU SEI QUE JAMAIS SABEREI...

Quando era garoto entre os cios que correm,
exprimindo-me grosso pra fingir ser homem,
dizia comigo: eu sei, eu sei, eu sei...
Assumindo-me ser, era então Primavera,
aos dezoito anos defronte à quimera
sonhava a dizer: eu sei, desta vez eu sei...

Ao passar dos dias a estender os braços,
a olhar a terra ou a fazer cem passos,
ainda não sei por que é que ela roda...
Aos vinte-e-cinco anos eu sabia tudo,
o amor, as rosas, o sofrimento mudo,
oh, sim, ao amor eu dei uma volta toda...

Felizmente firme entre pais e amigos
consegui passar por todos os perigos
e ao meio da vida mais algo aprendi...
Resumo evidente em quatro palavras,
intensas doçuras, solidões amargas,
um pouco de tudo fruí e sofri...

Pelos nus do tempo em busca renhida
tentando atrasar o Inverno da vida
iludi-me a dizer: eu sei, eu sei, eu sei,
mas defronte à tristeza das noites escuras
desejando amanhãs de amenas ternuras
vi a pouco e pouco quanto em vão teimei...

A vida, o amor, os amigos, as rosas,
a ilusão do dinheiro e a cor das coisas,
será algo que sei ou presumo que sei...
Em sessenta segundos, sempre logo mais logo,
à janela de mim quando me interrogo:
ah, agora eu sei que jamais saberei!...

Jean-Loup Dabadie
António Torre da Guia


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